TOUR DE FRANCE FÉMININ

GRANDE BOUCLE FÉMININE INTERNATIONALE

Une remise à l’heure des pendules et de l’Église au centre du village

par Alfred North * le plus grand spécialiste du cyclisme féminin depuis près de 60 ans !

Si en ma région, la satisfaction s’avérait réelle quant à l’engouement médiatique du passage du Tour de France des femmes avec Zwift, mais qui décernait un maillot jaune Crédit Lyonnais (de quoi perdre le sens des réalités ou des affaires !), votre auteur était mandaté le 31 juillet 2022 par Les Dernières Nouvelles d’Alsace pour relater le Tour du Centre Alsace juniors à Sélestat, au lendemain de l’accueil, par cette ville, du départ d’étape du Tour de France des femmes.

Grande boucle cyclisme 1

Passionné de cyclisme féminin

Passionné de cyclisme féminin, mais resté chez moi durant ces deux jours de passage en Alsace, j’ai tenté de discuter des championnes, aussi bien avec des dirigeants que des licenciées féminines, présentes la veille à Sélestat. Un jour après, toutes ces personnes n’étaient déjà plus en mesure de citer au moins 5 Françaises participant à l’épreuve. 

C’est dire que les retombées médiatiques pour les concurrentes françaises ne semblent pas si évidentes et encore moins glorieuses que supposées.

Cyclisme Féminin Tour de France

Faut savoir, contrairement à ce que beaucoup imaginent, en dépit de ma longue carrière au service du cyclisme, que je n’ai jamais bénéficié de la moindre accréditation de la part du Tour de France. Même pas de celui au féminin, en dépit de ma qualité de pionnier : créateur, par exemple, en 1989 avec Jean-Pierre Palazy, du Classement Mondial Féminin, que l’UCI a « volé » à ses propriétaires en 1996, sans le moindre respect ou remerciement et encore moins explication ! Cela étonne beaucoup de monde, mais c’est la réalité. Votre serviteur n’a pas envie de mendier un badge d’accrédité. Surtout pas à son âge. Aussi, étais-je resté au frais, à mon domicile strasbourgeois, les jours des étapes en Alsace (29 et 30 juillet) du Tour de France féminin. Puisqu’en réalité, il ne s’agissait nullement d’une nouveauté. Surtout pas en mon département !

Mémoire courte : le Tour de France féminin 1988 s’élançait de Strasbourg

Comment a-t-on pu passer sous silence que le 5e Tour de France féminin s’était élancé le 10 juillet 1988 de Strasbourg, avec un prologue contre-la-montre remporté par Monique Knol, suivi d’une 1ère étape Strasbourg-Strasbourg (via le Mont Sainte-Odile) revenue à Maria Canins ? Avec Jeannie Longo au 2e rang des étapes citées.

De 1984 à 1989, le Tour de France féminin connut 6 éditions, dont les 3 dernières remportées par Jeannie Longo.

Certes, beaucoup d’entre vous n’étaient pas nés. Mais ces événements font partie de l’histoire. Et l’histoire, nul n’a le droit de la déformer.

Marion Rousse détenait la possibilité de réaliser son rêve

En 2008 et 2009, dernières années d’organisation de cette Grande Boucle, Mlle Marion Rousse (née en 1991), Directrice du Tour de France féminin, avait 17 puis 18 ans. Telle Élisabeth Chevanne-Brunel, 17 ans en 1992, qui avait quitté en toute hâte la Mi-Août Bretonne pour s’aligner dans la foulée au 1er Tour Féminin, afin de compléter l’équipe à Jeannie Longo et obtenir une dérogation d’âge. Telles aussi Mélanie Bravard, Stéphanie Vieux et Dorothee Zwick, 18 ans en 2005 qui y effectuèrent leurs classes et leurs preuves. Mlle Rousse détenait, quoiqu’elle en dise, la possibilité de réaliser son rêve de jeunesse, en postulant en 2008 et 2009 à cette course. Ou même à participer aux critériums d’après Grande Boucle.

Élisabeth « Zabou » Chevanne-Brunel prit un vrai plaisir, se fit un devoir et une mission de s’aligner jusqu’au terme de sa carrière (en 2006) aux 13 éditions suivantes. Car l’ex-championne du Monde juniors 1993 sait à quel point cette course a contribué à sa notoriété. 

Dans l’ouvrage « Les grandes heures du sport sundgauvien » publié en 2018 par Vincent Heyer, celui-ci rappelle que Sylvie Riedlé était régulièrement sélectionnée en équipe de France. Qu’elle participa au championnat du Monde 1997, à des manches Coupe du Monde comme le Tour des Flandres et la Flèche Wallonne. Mais l’ex-championne de France 1997 prend soin de préciser : « La plus grande fierté de ma carrière fut ma 10e sélection pour la Grande Boucle Féminine en 2007« .

Directrice du Tour de France des femmes, Mlle Rousse ignore-t-elle aussi qu’avant elle, Madame Anne Boué (née Dusaussois), originaire tout autant de… Saint-Saulve (Nord), dirigea de 2005 à 2009 les 5 dernières Grandes Boucles Féminines Internationales. En tout cas, ni elle, ni les médias n’en ont (bizarrement ?) effectué la moindre allusion.

ASO a aussi passé sous silence le 1er Tour Cycliste Féminin, organisé du 28 septembre au 2 octobre 1955 par Jean Leulliot et son adjoint Jacques Lohmuller. En 5 étapes, entre Île-de-France et Normandie, avec le succès final de la Britannique Millie Robinson. Compétition relatée 40 ans plus tard, avec le concours d’un pionnier passé aux oubliettes, Marcel Léotot et les classements complets, en pages « Dans le rétro » de « Tout le cyclisme féminin-Performances 1995 ».

Tour de France Féminin

L’histoire mouvementée du Tour Féminin

Alors que le Tour de France féminin a cessé d’exister, un nouvel organisateur, Pierre Boué, travaille d’arrache-pied pour faire renaître une grande course par étapes. Le 13 août 1992, le Tour Féminin s’élance à Paris avec un chrono de 3,3 km et la victoire de Jeannie Longo, dernière porteuse du maillot jaune du Tour de France féminin et 1ère détentrice du même maillot, sur le Tour Féminin. Comme un trait d’union entre les deux courses ? Pas du tout, car l’organisation du Tour de France ne cessera de glisser des peaux de banane sous les roues de son faux frère, en lui refusant d’entrée l’appellation France.

Depuis 1984, sous une forme améliorée d’année en année, je réalise à mes frais un volumineux ouvrage « Tout le cyclisme féminin-Performances …. (millésime de l’année) « . Ce sans le moindre soutien, ni reconnaissance des instances cyclistes, également sans le moindre annonceur. Ce qui me permet de rester neutre, objectif et de mettre en exergue ou de dénoncer aussi ce qui le justifie. 

Ci-après un extrait de mon commentaire à propos de cette édition 1992, qui s’est achevée le 23 août 1992 à L’Alpe-d’Huez, avec le succès étriqué de Leontien van Moorsel, qui devança Jeannie Longo de 9″, à l’issue d’un mémorable surplace entre les deux championnes, dans les virages de L’Alpe-d’Huez et une retransmission en direct à la télévision : 

« Relancer le cyclisme féminin, tel était l’objectif du 1er Tour Féminin proposé par M. Boué et son comité d’organisation. Un public nombreux et conquis incite à croire que le pari a été réussi. Même dans des départements très délaissés par le cyclisme féminin (tels Aveyron, Lozère et Haute-Loire, où rarement, très rarement, des courses cyclistes féminines sont organisées), les spectateurs se pressaient aux départs-arrivées et sur le parcours.

L’intensité sportive de cette 1ère édition fut constante. Jeannie Longo confirma d’entrée sa position de favorite, en effectuant la différence dès le prologue contre-la-montre parti au pied de la Tour Eiffel…

Jeannine Longo

Van Moorsel entre dans la légende du cycle

Pour s’être imposée le 23 août 1992 à L’Alpe-d’Huez, Leontien van Moorsel est assurée d’entrée dans l’histoire. 

En effet, 40 ans après les pros et le triomphe de Fausto Coppi (Tour de France), une course cycliste féminine escaladait pour la première fois cette difficile pente aux 21 virages.

Une semaine plus tôt, la Hollandaise était déjà entrée dans la légende du cycle en ayant été la première femme victorieuse à Luz-Ardiden. »

 

Il est quand même invraisemblable qu’en 2022 (30 ans plus tard !) des journalistes professionnels se permettent d’écrire à peu près la même chose à propos de la victoire de Annemiek van Vleuten !

Le Tour Féminin devient la Grande Boucle Féminine Internationale (GBFI)

Le dernier Tour Féminin (sous cette dénomination) s’élance le 13 août 1997 de Saverne. Mais on y parle désormais de maillot or et de maillot émeraude, suite à un procès intenté par le Tour de France à l’organisateur de la course féminine. Il consacre, comme en 1995 et 1996, l’Italienne Fabiana Luperini. Le plus bel hommage lui fut sans doute rendu par l’écrivain Christian Laborde : « Le sexe fort, c’est Fabiana Luperini dans Sestrière« .

Rebaptisée la Grande Boucle Féminine Internationale afin de se plier aux exigences d’un grand frère supposé protecteur (le Tour de France des pros), l’épreuve de M. Pierre Boué doit entamer une nouvelle ère en 1998, sous cette dénomination. Hasard ou pas : le 5e Tour de France féminin s’était élancé de Strasbourg, la Grande Boucle Féminine Internationale s’acheva, 10 ans plus tard, également à Strasbourg.

Cette Grande Boucle eut lieu annuellement jusqu’en 2009, excepté en 2004, où la FFC profita d’un conflit juridique pour interdire l’organisation. 

Craignant pour la survie de cette course, votre auteur créé Les Amis de la Grande Boucle, pour mobiliser les fans du cyclisme féminin et dépose un pli de plus de 800 adhésions sur le bureau de Jean Pitallier, président de la FFC. En 2005, la course repart depuis Saint-Louis, mais avec des moyens plus réduits. Malgré sa bonne volonté, son enthousiasme, Pierre Boué (qui a passé les commandes à son épouse Anne) et le comité d’organisation devront abdiquer le 21 juin 2009 au terme d’une 17e édition achevée à Anglet par un succès d’étape de Marianne Vos (encore omniprésente sur le Tour de France Femmes 2022) et la victoire finale de la Britannique Emma Pooley.

Un échec provoqué… 

Un échec souhaité par les instances (UCI et FFC) qui préférèrent favoriser d’abord Marianne Meyzen, pourtant jamais parvenue à mettre sur pied la moindre course qu’elle inscrivait au calendrier national, avec la bienveillance de la FFC (histoire de gêner la Grande Boucle), puis Hervé Gérardin et sa Route de France, qui ne décolla jamais, malgré tous les coups de pouce fédéraux. N’oublions pas qu’en 2006 et 2007, M. Boué proposa même des critériums d’après Grande Boucle.

GBFI

Mobilisation en coulisses

En coulisses (car tout se joue souvent à ce niveau), M. Lappartient, devenu président de l’UCI, insiste auprès de ASO et de Christian Prudhomme, organisateurs d’une épreuve dénommée « La Course by le Tour » pour relancer un Tour de France féminin. Surtout aussi, un groupe de cyclistines, animé par Marianne Vos, se battait pour une meilleure médiatisation du sport cycliste féminin, sollicitant elles-aussi ASO. Bref, le Tour de France féminin était d’autant mieux dans les cartons que Hervé Gérardin, organisateur de la Route de France avait lui-aussi jeté l’éponge (dernière édition en 2017) et retrouvé une fonction chez ASO, qu’il avait quitté une dizaine d’années au préalable.

Une conspiration digne des républiques bananières

Si bien que le 28 août 2020, à travers 6 pages dans L’Équipe Magazine, M. Herbelot titre « Elles réclament leur Tour« . 

J’ai réagi au 1/4 de… tour et envoyé une longue lettre restée sans réponse (malgré une relance le 18 octobre 2020), dont voici quelques extraits : 

« Vous n’évoquez pas le regretté pionnier Marcel Léotot, qui a lancé les premières courses à étapes féminines (en faisant venir aussi des étrangères) pour des courses internationales dans le Forez et en Auvergne. 

Bien plus grave, AUCUNE allusion à la Grande Boucle Féminine Internationale, organisée de 1992 à 2009 par M. Pierre Boué. Moi-même, j’ai été témoin des 17 éditions, toutes relatées (heureusement) dans mes ouvrages annuels sur le cyclisme féminin. Vous ne pouvez pas, vous n’avez pas le droit d’ignorer ces organisations. Il s’agissait, à cette époque, de la plus grande course à étapes féminine au Monde. Un palmarès exceptionnel, que vous passez sous silence. Quelle injure aux grandes championnes qui ont épaté et régalé un nombreux public, comme Leontien van Moorsel, Fabiana Luperini, Edita Pučinskaitė, Diana Žiliūtė, Joana Somarriba, Susanne Ljungskog, Nicole Cooke, Emma Pooley et d’autres, qui figurent au palmarès de cette course. 

Je m’interroge sur la crédibilité ou même l’honnêteté de certaines personnes citées dans votre article, qui ne semblent ne pas vous avoir évoqué cette Grande Boucle Féminine Internationale. Elles ne peuvent pas nier les 17 ans d’existence de cette course. Je me permets de vous informer par ex. que bien avant le Tour de France, la Grande Boucle avait pris son envol de Corse (en 2003). Que si ASO mettra sur pied cette année un Paris-Roubaix, le 5 août 2002, entre Bruxelles et Valenciennes, la Grande Boucle proposait cette année-là une vraie étape de pavés. L’année d‘avant, à Hirson, le même organisateur offrait déjà au peloton international une manche de Coupe du Monde avec de nombreux secteurs pavés. Les vrais passionnés de cyclisme féminin restent fiers et nostalgiques de tout cela, des grands départs prestigieux de la GBFI à Milan (+ une arrivée d“étape au Vigorelli), à Bilbao, à Gand, à ‘s-Hertzogenbosch, à Pornic, à Font-Romeu, à Saverne et à Strasbourg (pour vous citer aussi mon club et ma ville), même à l’Île de Groix. Avec des arrivées finales à Paris, L’Alpe-d’Huez, Vaujany, Valberg, Strasbourg, Sestrières. Cela avait de l’allure, de l’envergure, du prestige. C’est aussi ignorer ou passer sous silence les cols prestigieux franchis. Je cite le Galibier, le Ventoux, l’Izoard, Madeleine, Lautaret, Porte, Laffrey, Courchevel, Vaujany, Mont-Cenis, Vars, Valberg, La Colmiane, Tourmalet, Aubisque, Soulor, Aspin, Luz-Ardiden, La Mongie, Marie-Blanque, Val-Louron, Super-Besse, Ballon d’Alsace, Schlucht, Platzerwasel etc. 

Tout cela est relaté également année par année dans mes ouvrages « Tout le cyclisme féminin-Performances… (millésime de l’année)«  et ne peut donc pas être nié. Il existe aussi un magnifique ouvrage « La Grande Boucle Féminine Internationale«  réalisé par M. Pierre Boué. Suffisamment d’archives et de témoins existent, pour faire foi et éviter que la réalité ne soit déformée.

Avouez que le futur Tour de France féminin aura de la difficulté pour proposer aussi bien. Mais est-ce la peine de l’envisager seulement ? 

Car à l’époque, la France était nation mondiale n° 1. À présent, on n’appartient même plus aux 15 meilleures nations mondiales. La preuve : la France n’avait qu’une qualifiée aux J.O. 2020 pour la route. On n’a jamais été aussi bas. La fédération prétend depuis plus de 10 ans : « les jeunes arrivent« . Je n’ai vu en arriver aucune. Pour arriver, tout le monde sait fort bien qu’il faut franchir la ligne d’arrivée (elles n’y sont pas parvenues sur la Course by le Tour, certaines distancées irrémédiablement avant même le km 10). Il faut aussi des fois franchir la ligne d’arrivée en vainqueur, pour réaliser et marquer les esprits pour que ces jeunes, annoncées depuis quelques années, « arrivent«  effectivement. Aussi, la réponse est édifiante et M. Prudhomme ne devrait même pas se poser la question : le cyclisme féminin français n’est pas prêt. Par contre, les étrangères le seront. D’ailleurs, pour glaner des points UCI, les équipes françaises misent sur des recrues étrangères. Cela veut tout dire.

C’est le monde à l’envers, dans le cyclisme féminin français. Lorsque M. Boué (organisateur de la GBFI) a eu un problème juridique en 2004, la FFC l’a enfoncé et soutenu une incapable, Marianne Meyzen, que je connaissais, pour créer une course concurrente. Puis comme celle-ci n’y parvenait pas, la FFC a soutenu Hervé Gérardin et sa triste Route de France. 

Même des présidents de comités régionaux avaient la consigne, de la part de la FFC, de soutenir la Route de France, de trouver des villes-étapes pour son organisateur… Cela a marché un temps. À l’inverse, la consigne était de boycotter la Grande Boucle, jusqu’à aller conseiller aux villes-étapes de se désister. Si bien que la GBFI a disparu au terme de son édition 2009. Et à présent, à la fédération, ils ont le culot de se plaindre qu’il n’y a plus de grand Tour en France. Pour ne pas avoir soutenu ce qui existait, ce sont quand même eux les fautifs de l’actuelle situation.

Lorsque je raconte l’autre mésaventure de l’organisateur, obligé en 1996, à travers un procès de ASO, de changer certaines dénominations, les supporters non initiés du cyclisme féminin, ont du mal à croire que maillot jaune a dû devenir maillot or, maillot vert = maillot émeraude, en plein déroulement de l’édition 1996. Ridicule, répondent tous, sachant que jusqu’en Outre-Mer, il y a des courses à étapes avec attributions de maillots jaunes, verts ou à pois. Il faut le savoir, l’avoir vécu pour le croire. Quel est l’intérêt de ASO dans le cyclisme féminin ? Je suis sceptique, car avec de tels comportements, le passé ne plaide pas pour cette société et dans l’histoire réelle du cyclisme féminin, cette tâche ne s’effacera jamais.

Pour info, toujours : la GBFI disposait de sa propre production télévisée, avec des directs certaines années et des résumés d’étapes le soir. » 

Nous venons de vivre une façon indiscutablement douteuse d’écrire l’histoire nouvelle du cyclisme féminin. Il n’y a ni histoire nouvelle, ni histoire ancienne. Il y a l’histoire tout court, qu’on ne peut pas réécrire et que surtout, aux niveaux d’une information objective, on n’a pas le droit de la manipuler. Qu’on se le dise. Parole de sympathisant, depuis plus d’un demi-siècle, du cyclisme au féminin.

Alfred North

Le vœu de van Vleuten

La lauréate du Tour de France des femmes revendique L’Alpe d’Huez et un chrono

Après son succès final sur le premier Tour de France femmes, Annemiek van Vleuten a informé en date du 3 août 2022 de ses doléances pour l’édition 2023 : « J’espère que nous aurons droit à L’Alpe-d’Huez. Dans l’histoire des Tours de France féminins, il y eut jadis un grand duel dans la montée et ce serait bien d’y aller. Un grand Tour a besoin d’un chrono. Notre calendrier manque en épreuves chronométrées. Il s’agit d’une spécialité importante et je pense que c’est un exercice primordial, qui doit figurer dans l’itinéraire d’un grand Tour. Éliminons par contre l’étape gravel, qui apporte trop d’injustices, afin que le Tour de France des femmes ne se décide pas sur un coup de chance ou de malchance. Sortons le gravier, car il représente beaucoup de stress et de malchance pour des favorites à la victoire finale. Je ne pense pas qu’un tel épisode mérite de figurer dans une course à étapes. »

Nota : Grâce à Pierre Boué, le passé proposait déjà tout cela

Ce que van Vleuten souhaite de la part du Tour de France femmes, c’est ce que la Grande Boucle Féminine Internationale proposait. Avec des arrivées finales en altitude à… L’Alpe-d’Huez comme en 1992, 1993 et 1994, à Valberg en 1997, à Vaujany en 2005, aux Baux-de-Provence en 2006 et à Sestrières en 2008.

Un et souvent deux contre-la-montre, en sus, parfois de prologues ou de chronos par équipes, figurèrent invariablement dans les tracés de toutes les Grandes Boucles. Lesquelles se disputaient jusqu’en 2003 sur 10 à 14 étapes, incluant un jour de repos. Quelle erreur de la part de ceux qui ont été les fossoyeurs de la GBFI !

Aveu de Victoire Berteau (Cofidis), 68e du Tour de France Femmes

« Moi, je voulais tout juste rentrer chez moi avec mes deux bras et mes deux jambes. Au rythme où cela allait, il y avait plus de chances de finir dans une ambulance que sur le vélo !  » 

(extrait d’un article paru le 2/8/2022 dans le journal L’Union à Reims)

Ils savent, mais ils adoptent le silence micro ou stylo

Qu’il s’agisse d’un journaliste de L’Equipe Magazine, d’autres organes de presse, de Mlle Rousse, le constat reste identique : tout ce beau monde semble avoir été soigneusement coaché (par ASO ?) pour ne pas évoquer un certain passé (1992 à 2009). Un exemple typique est celui de Mathilde Dupré : une fois devenue cadre technique fédéral, elle n’a jamais défendu ce qu’elle appréciait avant, assistant même à Paris à la présentation de la Grande Boucle. Tout comme au niveau des minimes-cadettes filles, elle s’est bien gardée de citer le Prestige Sylvie Ehkirch-Madame Valentin en exemple. Ou de conseiller l’ouvrage annuel sur le cyclisme féminin, écrit par votre auteur et offert à elle durant de longues années. À d’autres niveaux, les cyclistines qui n’ont pas eu le bonheur de s’aligner à au moins une GBFI, ont subi un lavage de cerveau, histoire de dénigrer cette course. Les preuves existent… 

Suite à un article paru dans La Bretagne Cycliste, avec interview de Audrey Cordon, Alfred North a réagi de suite auprès de ce magazine, par un courrier à M. Didier Marchand, Directeur de publication et vice-président de la FFC. Lisez bien…

« Abonné fidèle de La Bretagne Cycliste depuis sans doute plus de 40 ans, collaborateur même du magazine au début des années 1990 (rubriques de statistiques et palmarès), j’ai sursauté en apprenant en page 8 du n° 1639 du 2/8/2019 que Mlle Audrey Cordon aurait logé dans des taudis et subi des transferts de 5-6 heures lors de la Grande Boucle.

Je démens formellement. J’ai 17 Grandes Boucles (sur 17) à mon actif, au sein du comité d’organisation. Années pendant lesquelles Mlle Cordon n’a même jamais pris part à la Grande Boucle Féminine Internationale !!! C’est de la mauvaise foi totale, de la désinformation, du dénigrement par rapport à ce qui a existé par le passé et qui faisait rêver (d‘y participer) les cyclistes féminines. 

Il n’y a jamais eu de transfert de 5-6 heures. Par contre, il y a 100 % d’exagération. Comment peut-elle affirmer avoir logé dans des taudis, alors qu‘elle n’a jamais participé à cette course ? Si j’ai 17 participations (sur 17, je me répète), si j’en garde de très bons souvenirs, si je me suis investi pour des départs et arrivées en Alsace, je n’éprouve aucune honte à l’égard des participantes. Au contraire, il s’agit de mes meilleurs souvenirs au sein d’un cyclisme féminin où j’ai pris des initiatives pour le faire avancer (telle la création en 1989 du classement mondial féminin, annoncée avec classement final sur une page entière de… La Bretagne Cycliste, sous Statistiques 1989, mon bénévolat dans les grandes courses à étapes existantes). Je me suis battu contre les instances bien avant elle, pour la reconnaissance du cyclisme féminin. Auquel je consacre aussi, à mes frais personnels et sans le moindre soutien, ni reconnaissance, un ouvrage annuel (Tout le cyclisme féminin-Performances …) (millésime de l’année), offert plus d’une fois par moi à… Mlle Cordon !

Je vous invite à démentir les propos négatifs et surtout erronés que l’auteur de l’article aurait dû supprimer d’office, sachant que Mlle Cordon ne compte pas la moindre sélection à la Grande Boucle Féminine Internationale. 

Je me tiens à la disposition de Madame Ragot-Cordon pour rafraîchir sa mémoire. Elle a mes coordonnées.

Si elle veut faire avancer le cyclisme féminin, qu’elle accepte mon conseil de respect des personnes et organisateurs qui se sont impliquées bien avant elle pour que le cyclisme féminin obtienne une modeste notoriété. Qu’elle se souvienne aussi que le respect, c’est quelque chose de réciproque.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur de publication et Président du Comité de Bretagne, mes salutations les meilleures,

Un abonné remonté : Alfred North, 77 ans.

Dès le 6/8/2019, M. Marchand reconnaissait que Audrey Cordon n‘a jamais participé au Tour Féminin et qu’elle a dû confondre avec la Route de France. Sauf qu’en Bretagne Cycliste du 23/8, une toute petite mention de bas de page que personne des lecteurs n’a pu comprendre, affirmait qu‘elle parlait de La Route de l’Ouest (qui n’est pas une course par étapes, donc pas d’hébergement !). On confond tout, on déclare et on écrit n’importe quoi. Lamentable, honteux…

Cela démontre aussi l’incompétence à tous les niveaux, en matière de cyclisme féminin. Si bien que votre auteur n’a même plus réagi, face à autant de méconnaissance. Comme disait souvent Julie Krasniak, « c’est du grand n’importe quoi“.

Bien sûr, votre auteur a aussi adressé un courrier à Madame Ragot (par ailleurs vice-présidente, au sein de l’UNCP (Union Nationale des Cyclistes professionnels), de l’Association Française des Coureures Cyclistes (AFCC). 

Extraits de ce courrier, resté sans réponse, mais que son auteur se permet de diffuser pour la première fois : 

« Des transferts de 5-6 heures ? Peut-être qu’il y en a qui ont vécu cela, mais elles ont dû se tromper de route ou tomber en passe d’essence. Sérieusement : l’organisateur, M. Pierre Boué, présentait sa course 3-4 mois à l’avance dans un endroit sélect à Paris et invitait les directeurs sportifs à la présentation. Aux Tours de l’Aude (3 mois avant la course), c’était… moi qui distribuais, dès le prologue à Gruissan, les dossiers aux équipes. Leur encadrement avait connaissance des étapes, des transferts. Si cela ne convient pas, on ne s’engage pas. Il suffisait d’étudier ces dossiers. Sur la Grande Boucle et sur toutes les courses, nous (organisation), on est sur place plus tôt et plus tard que les équipes : même nous, on était des fois fatigués, on avait hâte de rejoindre l’hôtel pour manger et se coucher. 

On subit les mêmes transferts que les concurrentes. Pourtant, cela restera mes meilleurs souvenirs de ma passion cycliste. Si j’étais présent à 17 Grandes Boucles Féminines Internationales sur 17, cela ne devait quand même pas être si piètre que cela. 

Nous étions quand même des privilégiés, à pouvoir suivre la plus belle course à étapes féminine au Monde. Des privilégiés par rapport aux spectateurs qui patientent sur le bord des routes et aux arrivées. 

Comme les sélectionnées à cette course étaient des privilégiées : on n’a pas le droit de se plaindre non plus, si on pratique sa passion (combien de jeunes filles cyclistes, telles les soeurs Mélanie et Charlotte Bravard, Carine Peter, venaient assister aux arrivées et enviaient non seulement les participantes, mais rêvaient d’être à leur place).

Les budgets des organisateurs ne permettent pas de loger dans des hôtels de luxe : on vient pour pratiquer son sport, pas pour bénéficier du confort de vacancières. Il ne faut quand même pas être des « têtes de mûles » pour comprendre cela.

Personne d’entre vous ne se rend donc compte que la Grande Boucle Féminine Internationale, c’est la grande course en France qui vous manque à présent. Elle bénéficiait bien avant toutes les autres d’une couverture télévisée. Cette épreuve a fait avancer le cyclisme féminin. Seulement, les dirigeants cyclistes de l’époque ont préféré jouer les autruches quand ASO a voulu porter un coup mortel (1996) au Tour Féminin, en faisant interdire le nom, les dénominations maillot jaune, maillot vert. Ce en plein déroulement de l’édition 1996 qui est quand même allée au bout, devenant la Grande Boucle Féminine Internationale, accordant des maillots or et émeraude.

Puis l’organisation a connu en 2003 un conflit juridique avec une ex-employée de M. Boué. Elle a voulu s’approprier l’épreuve, se basant sur une A.G. non réglementaire. Elle a même porté plainte personnellement contre moi ! Faut croire qu’elle avait du temps à perdre, car mon seul défaut était d’avoir soutenu M. Boué. Alors que comme d’autres, je me battais pour une bonne cause, celle du cyclisme féminin. Tellement absurde… Dire qu’une incapable comme elle était soutenue par la FFC, qui tentait d’éliminer M. Boué. D’ailleurs, l’édition 2004 n’a pas eu lieu. Elle a inscrit des courses fantômes au calendrier féminin, rien que pour contrarier M. Boué, côté dates. Et des pollueuses de ce genre, la FFC les soutenait en coulisses. Puis les dirigeants de la FFC ont tenté un autre coup bas, en plaçant l’organisateur de la Route de France en rival de M. Boué. À en rigoler, car M. Gérardin n’a jamais eu l’envergure de M. Boué. 

Pour votre information, je suis président des « Amis de la Grande Boucle ». J’avais déposé un jour toutes les adhésions (aussi en provenance de l’étranger) sur le bureau du président de la FFC, qui n’a même pas eu le courage de prendre connaissance des noms des adhérents.

Aujourd’hui, la FFC est « récompensée » pour ses erreurs. Elle ne possède plus la plus prestigieuse course à étapes féminine au Monde et elle ne s’est jamais située aussi loin dans la classification UCI.

Je pourrai en rajouter, mais je pense avoir mieux à faire dans le cyclisme que de dénigrer. Par contre, face à ceux/celles qui dénigrent injustement, je ne manque pas d’argument et je réplique.

Pour redresser la barre, je pense qu’il y a des initiatives plus judicieuses à prendre que de se moquer du passé. Je plains les grincheuses qui ont dû vous colporter d’aussi lamentables informations. Pour la promotion de leur sport, elles ne sont vraiment pas à leur place. Je suis triste pour elles.

Comme vous aviez couru en 2006 avec l’équipe de France juniors filles à Wingersheim (avec même une excellente 11e place face aux seniors 3 et juniors masculins), que c’est le club en Alsace qui a obtenu les plus brillants résultats avec ses féminines, qui a aussi eu des sélectionnées à la Grande Boucle Féminine, je vous offre le Livre d’Or du Rapide de Wingersheim. Vous lirez, vous découvrirez que la Grande Boucle Féminine mérite d’autres commentaires que celui publié en La Bretagne Cycliste du 2/8/2019. 

En vous souhaitant une fructueuse saison 2020, veuillez agréer, Madame Ragot, mes salutations les meilleures,

Alfred North

A en rire ou à en pleurer...

Le Grand Est arnaqué de 244.000 euros !

La grande différence entre le Tour de France des femmes et l’ex-Grande Boucle Féminine Internationale se situe au niveau de la rentabilité financière. Car ASO a tapé fort, en mobilisant ses sponsors du Tour de France. En encaissant 250.000 euros de la région Grand Est, exploitant l’incompétence de Jean Rottner, tout heureux de financer le prix de la combativité, pour lequel ASO a seulement redistribué 6.000 euros aux concurrentes ! Soit 8 x 500 euros aux 8 étapes et 2.000 euros à la super-combative. C’est l’arnarque de l’année…D’autant plus que les communes départs et arrivées versèrent également une redevance, loin d’être symbolique. Tout cela pour financer du cyclisme féminin désormais pro.

C’est fort, mais tout citoyen lucide du Grand Est se sent forcément floué.

Un Tour de France qui n’en était pas un

L’autre différence, c’est que la GBFI proposait un vrai Tour de France (avec parfois des transferts obligés), alors que ASO a organisé un Tour du Grand Est, en partance de Paris, qui constituait une copie quasi conforme de la dernière Route de France, celle de 2017. Il est vrai qu’après son échec, Hervé Gérardin, organisateur de la course précitée, a été repris chez ASO.

Un niveau pas supérieur

Même si la majorité du peloton est passé pro, leur niveau sportif n’est pas apparu supérieur aux championnes des années 2000. Un observateur averti, comme Patrick Lehmann, l’ancien président du Rapide de Wingersheim, en convient. Sa leader, Géraldine Loewenguth, aurait apprécié les deux dernières étapes. Personne ne l’aurait lâchée. C’est vrai que sa démonstration de force, du 7 mai 2000 sur les pentes du Pic de Nore où elle s’empara du maillot jaune du 16e Tour de l’Aude, a marqué à jamais les esprits : 1’02″ d’avance sur Stiajkina, échappée avant le col, 1’50″ sur Kupfernagel, 1’51″ sur Feldhahn, Camboulives et Pieters, 3’36″ sur I. Polikevičiūtė, 3’39″ sur Melchers, Bessette, Wilson et de Bruijn, 4’06″ sur Lindberg et Ljungskog, 4’11″ sur Salvetat, 4’30″ sur Bubnenkova et Chevanne-Brunel, 7’02″ Polkhanova, 9’28″ sur R. Polikevičiūtė et Žiliūtė, 11’11″ sur Zabirova, 13’35″ sur Vilūnaitė, 16’34″ sur Rossner, Arndt et Teutenberg ! 

En 2022, van Vleuten n’a pas été plus assommante.

Jalabert était le Parrain du Tour Féminin 1997 !

Votre auteur ne comprend pas le silence micro de Laurent Jalabert, qui a officiellement accepté d’être le Parrain du Tour Féminin 1997 et qui, à l’époque, avait pris soin de rédiger un éditorial.

Pendant son mois de juillet 2022 passé intégralement sur France TV, jamais la moindre allusion à ce qui fut la plus grande course à étapes féminine au Monde ! On vous propose son éditorial de 1997 !

 

De par sa fonction, votre auteur bénéficiait sur les GBFI d’une place dans la voiture du président du jury des commissaires. Où il a été témoin, plusieurs fois et durant plusieurs années, de conversations téléphoniques hallucinantes, témoignant du triste rôle confié par les instances (UCI et FFC) de rédiger un rapport défavorable et démolir l’épreuve. 

PALMARÈS DU CLASSEMENT MONDIAL FÉMININ CRÉATION ALFRED NORTH & JEAN-PIERRE PALAZY CLASSEMENT MONDIAL ÉLITE

1989 1 Jeannie Longo (France), 2 Maria Canins (Italie), 3 Cécile Odin (France)

1990 1 Catherine Marsal (France), 2 Leontien van Moorsel (Pays-Bas), 3 Ruthie Matthes (USA)

1991 1 Leontien van Moorsel (Pays-Bas), 2 Marion Clignet (France), 3 Catherine Marsal (France)

1992 1 Leontien van Moorsel (Pays-Bas), 2 Jeannie Longo (France), 3 Kathryn Watt (Australie)

1993 1 Leontien van Moorsel (Pays-Bas), 2 Jeannie Longo (France), 3 Marion Clignet (France)

1994 1 Monika Valvik-Valen (Norvège), 2 Rasa Polikevičiūtė (Lituanie), 3 Luzia Zberg (Suisse)

1995 1 Jeannie Longo (France), 2 Fabiana Luperini (Italie), 3 Luzia Zberg (Suisse)

1996 1 Jeannie Longo (France), 2 Fabiana Luperini (Italie), 3 Alessandra Cappellotto (Italie)

1997 1 Alessandra Cappellotto (Italie), 2 Hanka Wittig-Kupfernagel (Allemagne), 3 Fabiana Luperini (Italie)

1998 1 Fabiana Luperini (Italie), 2 Hanka Wittig-Kupfernagel (Allemagne), 3 Edita Pučinskaitė (Lituanie)

1999 1 Hanka Wittig-Kupfernagel (Allemagne), 2 Diana Žiliūtė (Lituanie), 3 Anna Wilson (Australie)

2000 1 Leontien van Moorsel (Pays-Bas), 2 Hanka Kupfernagel (Allemagne), 3 Joane Somarriba (Espagne)

2001 1 Judith Arndt (Allemagne), 2 Lyne Bessette (Canada), 3 Nicole Brändli (Suisse)

2002 1 Susanne Ljungskog (Suède), 2 Judith Arndt (Allemagne), 3 Nicole Brändli (Suisse)

2003 1 Susanne Ljungskog (Suède), 2 Judith Arndt (Allemagne), 3 Mirjam Melchers (Pays-Bas)

2004 1 Judith Arndt (Allemagne), 2 Mirjam Melchers (Pays-Bas), 3 Trixi Worrack (Allemagne)

2005 1 Oenone Wood (Australie), 2 Susanne Ljungskog (Suède), 3 Mirjam van Poppel-Melchers (Pays-Bas)

2006 1 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 2 Marianne Vos (Pays-Bas), 3 Susanne Ljungskog (Suède)

CLASSEMENT MONDIAL ESPOIRS

1996 1 Fabiana Luperini (Italie), 2 Hanka Kupfernagel (Allemagne), 3 Élisabeth Chevanne-Brunel (France)

1997 1 Élisabeth Chevanne-Brunel (France), 2 Pia Sundstedt (Finlande), 3 Judith Arndt (Allemagne)

1998 1 Diana Žiliūtė (Lituanie), 2 Susanne Ljungskog (Suède), 3 Judith Arndt (Allemagne)

1999 1 Tatiana Stiajkina (Ukraine), 2 Alison Wright (Australie), 3 Mandy Hampel (Allemagne)

2000 1 Nicole Brändli (Suisse), 2 Ceris Gilfillan (Grande-Bretagne), 3 Geneviève Jeanson (Canada)

2001 1 Nicole Brändli (Suisse), 2 Geneviève Jeanson (Canada), 3 Trixi Worrack (Allemagne)

2002 1 Geneviève Jeanson (Canada), 2 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 3 Sara Carrigan (Australie)

2003 1 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 2 Geneviève Jeanson (Canada), 3 Oenone Wood (Australie)

2004 1 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 2 Tatiana Guderzo (Italie), 3 Modesta Vžesniauskaitė (Lituanie)

2005 1 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 2 Suzanne de Goede (Pays-Bas), 3 Giorgia Bronzini (Italie)

2006 1 Marianne Vos (Pays-Bas), 2 Suzanne de Goede (Pays-Bas), 3 Tatiana Guderzo (Italie)

CLASSEMENT MONDIAL JUNIORS

1990 1 Ina-Yoko Teutenberg (Allemagne), 2 Daniëlle Overgaag (Pays-Bas), 3 Jessica Grieco (USA)

1991 1 Natalja Olsevskaja (Lituanie), 2 Jessica Grieco (USA), 3 Elsbeth Vink (Pays-Bas)

1992 1 Hanka Kupfernagel (Allemagne), 2 Ina-Yoko Teutenberg (Allemagne), 3 Marion Borst (Pays-Bas)

1993 1 Élisabeth Chevanne-Brunel (France), 2 Samantha Rizzi (Italie), 3 Diana Žiliūtė (Lituanie)

1994 1 Diana Žiliūtė (Lituanie), 2 Evi Gensheimer (Allemagne), 3 Chiara Mariani (Italie)

1995 1 Natascha Klewitz (Allemagne), 2 Christina Becker (Allemagne), 3 Andrea Hänni (Suisse)

1996 1 Natascha Klewitz (Allemagne), 2 Cornelia Cyrus (Allemagne), 3 Alessandra D’Ettore (Italie)

1997 1 Nicole Brändli (Suisse), 2 Mirella van Melis (Pays-Bas), 3 Jaqueline Brabenetz (Allemagne)

1998 1 Olga Zabelinskaya (Russie), 2 Tina Liebig (Allemagne), 3 Sari Saarelainen (Finlande)

1999 1 Geneviève Jeanson (Canada), 2 Trixi Worrack (Allemagne), 3 Juliette Vandekerckhove (France)

2000 1 Juliette Vandekerckhove (France), 2 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 3 Natalie Bates (Australie)

2001 1 Nicole Cooke (Grande-Bretagne), 2 Natalia Boyarskaia (Russie), 3 Charlotte Becker (Allemagne)

2002 1 Suzanne de Goede (Pays-Bas), 2 Miranda Vierling (Allemagne), 3 Claudia Stumpf (Allemagne)

2003 1 Loes Markerink (Pays-Bas), 2 Bianca Knöpfle (Allemagne), 3 Shuang Guo (Chine)

2004 1 Marianne Vos (Pays-Bas), 2 Shuang Guo (Chine), 3 Rebecca Much (USA)

2005 1 Mie Bekker Lacota (Danemark), 2 Tereza Huříková (République Tchèque), 3 Marianne Vos (Pays-Bas)

2006 1 Mie Bekker Lacota (Danemark), 2 Rasa Leleivytė (Lituanie), 3 Julie Krasniak (France)

STOP À LA POLITIQUE DE DÉSINFORMATION

Ou à de la mauvaise information

Tout le monde appuie bien fort sur les pédales, dans le cyclisme féminin français, tout en profitant du vent favorable. 

Si bien qu’on ne sait plus quoi inventer ou quoi proposer pour effectuer le buzz. Et ce à tous les niveaux (FFC, ASO etc.).

À l’anglaise ! On nous inonde de dénominations affreuses de courses, avec des titres mi-français, mi-anglais. Mais le grand public s’interroge quant à la signification de maintes nouvelles courses. Tiendront-elles 17 ans comme qui vous savez ?

Dans leurs propos, les cyclistines utilisent de plus en plus de termes anglais, dont le commun des mortels français ignore la traduction. Tout cela parce qu’au sein de leur équipe (française), on parle désormais anglais !

La fausse création d’une Coupe de France élite femmes

Le sommet semble avoir été atteint le 11/4/2022 par la FFC et la FDJ. Très sérieusement, ils informent de la création de la Coupe de France élite femmes. Mais cette Coupe de France existe depuis 2000 et a été créée le 30/10/1999 au C.A.R. (Centre d’Animations et de Rencontres) de Montceau-les-Mines, dans le cadre du colloque national du cyclisme féminin, une initiative privée montée par Christian Pagny et Éric Brosselin. Dès son origine, cette Coupe de France était bien destinée à l’élite femmes ! Présents (notamment) à ce colloque : Daniel Baal (président de la FFC), Pascale Ranucci (entraîneur nationale), Pierre Boué (organisateur de la Grande Boucle Féminine Internationale), Rémy Pigois (speaker et organisateur du Trophée d’Or féminin), Marcel Léotot (pionnier français du cyclisme féminin, créateur des premières courses à étapes), Michel Lerouge (La Gazette du Cyclisme Féminin) et… Alfred North. Présences aussi de deux championnes du Monde, Juliette Vandekerckhove (poursuite juniors, qui remporta d’ailleurs en 2000 cette Coupe de France) et Sabrina Jonnier (descente VTT), de deux championnes de France, Nadia Triquet (espoirs) et Virginie Moinard (juniors).

Sans la moindre gêne, le 11 avril précité, la FFC et Stéphane Pallez, Directeur de la FDJ, annoncent donc la création d’une Coupe de France élite femmes, dès la présente saison 2022 et sur 8 courses. Alors que comme dit, ils n’ont rien inventé ! Méconnaissance, incompétence, mépris sur ce qui a existé ? Il y a de quoi se poser des questions. Surtout que le public n’y comprend plus rien. Que la Coupe de France ne donne plus satisfaction dans sa formule ancienne, c’est bien la faute de la FFC et des équipes. Qu’il y a un besoin de la rendre plus attractive, soit. Mais qu’on ne mélange pas les identités et qu’on effectue en ce cas son mea culpa avant de publier une information de communication pompeuse.

Une équivoque qui succède à celle de ne pas (ou ne plus) vouloir reconnaître les 17 années d’existence de la GBFI. Laquelle a provoqué dans la foulée, un an après, la disparition du Tour de l’Aude (26 éditions, de 1985 à 2010, sur 10 jours de course). Non, vous n’avez nul droit de réécrire l’histoire à votre façon. Il faut accepter et endosser les réalités telles qu’elles le sont.

Un comité de sélection qui ne prend pas ses responsabilités

ASO s’était engagé à accepter 21 équipes (nettement suffisantes) pour le Tour de France des Femmes. 

Réunis le 30/3/2022 en comité de… sélection, ils en retiennent 24 ! Par méconnaissance du niveau réel des formations, pour faire plaisir à toutes les équipes françaises candidates ? On a vu l’hécatombe provoquée sur la route par un peloton trop fourni. 

On n’est pas dans des dessins animés

Côté compétence, il reste des progrès évidents à effectuer. Quand même regrettable qu’avec les moyens d’information à disposition, le Tour International Féminin des Pyrénées (5 au 7/8/2022) n’a pas rectifié le prénom de sa lauréate Krista Doebel-Hickok (USA), de son vrai prénom Kristabel. Et personne au sein des médias pour rendre attentif. De même, la 1ère édition (le 2/10/2021) de Paris (Denain)-Roubaix n’a pas été remportée par Lizzie Deignan, mais par Elizabeth Deignan-Armitstead. 

Lizzie est un diminutif, comme le sont Mavi (Maria Victoria), Maribel (Maria Isabel), Ellen (Eleonora) mentionnées dans les listes des engagées, les classements et jusque dans les palmarès ! 

Le cyclisme féminin a besoin de clarté, de lisibilité. On n’est pas dans les dessins animés…

Remerciements à toutes les personnes qui m’ont aidé ou permis de vivre ma passion.

Au Bon Dieu qui m’a préservé côté santé, à ceux qui m’ont été précieux, mais que je ne croiserai plus : Ernst Bretscher, Jean-Bernard Champion, Jean Dousse, Claire Hoppé, Marcel Léotot, Rémy Pigois, Claude Simonnet, Évelyne Thouvenot. 

Aux organisateurs de courses, organes de presse, mais aussi à de fidèles collaborateurs de longue date : Claude Bacher, Philippe Beaugier, Anne et Pierre Boué, Micheline Bourdier, Annelies Brändli, Serge Brard, Bernard Burst, Jean-Marie Chevassut, Gérard Favereau, André Gomez, Charles Guénard, Charlotte Hoff, Lilly et Antoine Hoppé, Fredy Jacob, Sophie Jurion-Hoppé, Pascal Lallement, Nicole et Patrick Lehmann, Dominique Moster, Nadège Nativel, Christian Pagny, Jean-Pierre Palazy, Ambrogio Rizzi, Sophie Sanchez, Dieter Senft/El Diablo, Sylvie Valentin-Ehkirch, Jean-Paul Vidal, Daniel Wiesner, Laurent Wolff et à ceux qui n’ont pas été cités, mais qui se souviennent de leur collaboration.

Merci aux cyclistines, leur encadrement, parents et proches, supporters, mes collègues du cyclisme, ma famille et chers.

Notez bien : ce fascicule ne constitue pas une critique, mais un état des lieux objectif. 

Il est également rédigé par défaut, parce que bien d’autres personnes connaissent pertinemment ces réalités, mais préfèrent se taire, par crainte, sans doute pour leur carrière…

* Repères

Né en 1942, Alfred North a été coureur cycliste de 1961 à 1975. 

Il officia de 1973 à 1984 comme secrétaire administratif du comité d’Alsace. Correspondant de presse pour le cyclisme, il rédigea pour Le Nouvel Alsacien, Le Républicain Lorrain, ColleCyclisme, Cyclisme d’hier et d’aujourd’hui, Vélo Star, Top Vélo, La Bretagne Cycliste, La France Cycliste, Radsport-Magazin et depuis 50 ans pour Les Dernières Nouvelles d’Alsace, où il relate les courses sur route, piste, cyclo-cross, VTT et compétitions de cyclisme en salle.

Il fut rédacteur en chef de Est-Cyclisme, créé début février 1974 et fut responsable bénévole, jusqu’à sa dernière parution, le 19/11/2007 du B.O. Alsace-Lorraine qui succéda. 

Il siégea comme secrétaire des Commissions Nationales de cyclisme en salle (1980 à 1992), puis de la Commission Nationale du cyclisme féminin (1993 à 1996).

Membre de l’Association Cycliste Savernoise (coureur, puis secrétaire et trésorier), il en est le doyen et le dernier rescapé (encore actif et en vie) de ce club créé en 1964. Il y a instauré en 1971 le challenge interne ACS, qui est le plus ancien challenge de France (en longévité).

Créateur, en 1984, de « Tout le cyclisme féminin-Performances …(millésime de l’année) », le plus ancien ouvrage annuel existant toujours encore dans le milieu cycliste. Un ouvrage considéré à travers le monde comme la Bible du cyclisme féminin, avec jusqu’à 800 pages de classements (courses, trophées, challenges, distinctions), commentaires, statistiques, photos. Sans la moindre publicité, avec l’appui de précieux collaborateurs bénévoles.

Créateur aussi, dès 1970 (et jusqu’en 1995) avec le concours de Serge Brard, du classement national amateurs, puis du Classement Mondial féminin en 1989, des classements du siècle route et cyclo-cross en 2000. 

Instigateur du Prestige Sylvie Ehkirch-Madame Valentin en 1994 (pour les minimes-cadettes de France et d’Outre-Mer). 

Auteur des ouvrages : 1970 à 1995, un quart de siècle de classements amateurs/Tous les palmarès du cyclisme féminin/Tous nos champions et championnes d’Alsace/Claire Hoppé, ce Bijou du Manège Cycliste/Livre d’Or du Rapide de Wingersheim. 

Co-auteur (avec René Kuhn et Jean-Claude Philipp) de : Le cyclisme en Alsace, de 1869 à nos jours.

Depuis 2018, en collaboration avec Dominique Moster, il publie aussi, annuellement, L’Écho du Vélo, après avoir réalisé en commun Le légendaire Rapide de Wingersheim. Avec encore d’autres projets, si le Bon Dieu lui laisse la santé, la motivation et le… temps. 

Il a officié à titre bénévole dans nombre d’organisations cyclistes féminines, dont le Tour de l’Aude (24 éditions sur 26), le Tour Féminin/Grande Boucle (17 sur 17), le Trophée d’Or (15 sur 19), l’Étoile Vosgienne (10 sur 10).

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